4  étapes pour développer votre intelligence émotionnelle

Enfant on m’a longtemps parlé du QI. On m’expliquait que le QI était une manière de mesurer l’intelligence, qu’il était important de travailler à l’école pour développer mon intelligence et plus tard avoir un bon travail, de l’argent, une vie épanouie… On me parlait de mon intelligence rationnelle et j’ai longtemps cru qu’il n’en existait pas d’autres. Ce n’est qu’à l’âge adulte, qu’à force de m’intéresser, de fréquenter des salons du bien-être, de lire, de me former, j’ai commencé à entendre parler d’intelligence multiple et surtout d’une autre forme d’intelligence au moins tout aussi importante que l’intelligence rationnelle: l’intelligence émotionnelle.

 

L’intelligence émotionnelle c’est reconnaître la place qu’occupent nos émotions dans nos actions, réactions, nos pensées, nos choix de vie au quotidien. C’est cesser de croire que pour réussir dans la vie il suffit d’avoir un raisonnement logique à toute épreuve et qu’il n’y a aucun inconvénient à ignorer royalement nos émotions. Et, c’est enfin admettre que lorsqu’on les nie, elles continuent d’agir en coulisse; et décider d’enfin entrer en contact avec elles, de les écouter et apprendre à interagir avec elles pour pouvoir enfin ne plus travailler contre elles mais avec elles au service de nos relations interpersonnelles, de nos buts dans notre quotidien.

 

Je vous propose quatre étapes pour avancer pas à pas vers une vie plus en phase avec vos émotions, plus simple, plus harmonieuse.


1-  Apprenez à identifier et nommer vos émotions

Cela ne va pas de soi pour tout le monde et ce n’est pas chose aisée lorsqu’on a pris depuis des années l’habitude d’ignorer ses émotions. Certains vont par exemple avancer quoi qu’il arrive en se répétant « Tout va bien » ou en enchaînant les cigarettes, d’autres vont peut être seulement avoir l’impression diffuse que quelque chose ne va pas ou se rendre compte qu’ils nourrissent envers certains de leurs proches une rancune qui les gêne au quotidien.

         Si c’est votre cas, il est temps de vous prendre en main. La première étape est d’apprendre à identifier et nommer vos émotions. Pour cela il va vous falloir prêter attention aux sensations et réactions de votre corps dans les différentes situations qui peuplent vos journées. Quelles ont été vos sensations physiques lorsque votre collègue ne vous a pas dit bonjour ce matin ? Et lorsque votre fille vous a embrassé au goûter ? Est-ce que c’était des picotements au niveau des membres ? Votre vision s’est-elle troublée ?  Avez-vous eu l’impression d’avoir des papillons dans le ventre ? Avez-vous souri ? Vos sourcils étaient-ils froncés ? Vos poings serrés ?

Le psychologue Paul Ekman décrit six émotions de base qui se retrouvent dans toutes les cultures, s’expriment à différents niveaux d’intensité et se combinent pour donner des émotions plus complexes : la joie, la colère, la tristesse, la peur, la surprise, le dégoût,


2- Ainsi qu'à comprendre vos émotions

Maintenant que vous avez pris conscience de vos émotions il est temps d’écouter ce qu’elles ont à vous dire. Pourquoi ressentons-nous des émotions ? A quoi servent-elles ?

Nos émotions sont là pour assurer notre survie en nous guidant vers la satisfaction de nos besoins. Une émotion désagréable nous indique qu’un de nos besoins est insatisfait ou menacé alors qu’une émotion agréable est signe que tout va bien. Cela qui signifie que nos émotions ont en quelque sorte un rôle d’alarme ; lorsque notre équilibre est ou risque d’être rompu, une émotion désagréable est générée pour nous en avertir afin que nous puissions agir de manière à rétablir cet équilibre et nous éviter des conséquences néfastes. Nos émotions nous permettent de nous adapter à notre environnement tout en respectant nos besoins. Lorsque vous ressentez une émotion désagréable, il est donc important de trouver le besoin insatisfait ou menacé qui se trouve derrière cette émotion.

 

Que se passait-il autour de vous lorsque vous avez commencé à avoir peur, à vous sentir triste, en colère ? Et qu’est-ce que vous vous êtes dit ? Quelles étaient vos pensées ? Que risquiez-vous de perdre ? Qu’aurait-il pu vous arriver ?

3- Puis à exprimer vos émotions

Je vous propose si vous le voulez bien deux scénarios.

Dans le premier votre conjoint laisse sur la table les miettes de son petit déjeuner ainsi que le pot de confiture et les couverts qu’il a utilisé puis il part travailler. Vous trouvez la table dans cet état et cela vous met en colère car c’est déjà la troisième fois qu’il agit de cette manière depuis le début de la semaine, que vous n’aimez pas que votre cuisine soit sale et que maintenant si vous ne voulez pas retrouver ce charmant tableau ce soir en rentrant c’est vous qui allez devoir ranger à la hâte avant d’aller travailler. Vous rangez en pestant, partez en courant et le lendemain matin, vous vous levez dix minutes avant votre conjoint, sortez toutes ses affaires de sa mallette et éparpillez tout sur le sol. Ainsi il devra perdre du temps à tout ramasser et ranger avant d’aller au travail et il comprendra ce que ça fait de se retrouver devant une tâche imprévue à réaliser au dernier moment ! Il prend son petit déjeuner, se précipite vers la porte, trouve toutes ses affaires par terre, ne comprend pas votre attitude, se met à hurler, vous hurlez de plus belle…

Le début du second scénario est parfaitement identique, seulement au moment où vous trouvez la table de la cuisine sale et non rangée, vous vous dites que vous ne voulez pas courir ainsi tous les matins, que donc cette situation ne peut plus durer et que ce soir vous allez en parler à votre conjoint pour qu’il comprenne dans quelle situation son comportement vous met. Le soir venu, vous allez le trouver et vous lui expliquez que cela fait déjà trois fois cette semaine qu’il part travailler en laissant sur la table les miettes de son petit déjeuner ainsi que le pot de confiture et les couverts qu’il a utilisé et que comme vous ne supporteriez pas de retrouver ce triste tableau en rentrant vous-même du travail, vous vous êtes chaque fois sentie obligé de tout ranger et nettoyer alors que vous n’aviez vous-même plus beaucoup de temps pour vous rendre au bureau et arriver dans les temps. Il ouvre de grands yeux, vous dit qu’il n’était pas du tout conscient qu’avoir une table propre et rangée était si important pour vous, qu’il est assez préoccupé par son travail ses temps ci et qu’à vrai dire il ne s’était même pas rendu compte qu’il partait sans ranger. Pour finir il s’excuse et vous propose de faire plus attention à l’avenir.

 

 

 

Quelle version préférez-vous ? Il est important de commencer à exprimer vos émotions. Les autres ne sont pas dans votre tête et ne peuvent pas deviner ce que vous pensez ou ressentez si ne leur dites pas. Alors au travail !

4- Pour finalement parvenir à gérer vos émotions

Bien sur le scénario n’est pas toujours aussi idyllique. Les autres n’ont pas forcément la solution à vos difficultés et tant mieux, car si tel était le cas, quelles raisons auriez-vous d’agir par vous-même ? Dans un tel contexte je gage que votre bonheur se mettrait très rapidement à dépendre entièrement d’autrui, ce qui est problématique puisque dès lors où personne ne serait plus disponible pour combler vos besoins vous vous trouveriez démunis. D’où l’importance certes de communiquer avec votre entourage, mais également de commencer à agir vous-même pour votre bien être émotionnel.

Maintenant que vous avez appris à reconnaître vos émotions, que vous savez qu’elles sont là pour vous avertir de besoins insatisfaits ou menacés et que vous avez pris l’habitude de les questionner pour prendre conscience de ce qui n’allait pas, commencez à leur répondre. Cela implique de vous demander comment vous pourriez faire pour prendre vous-même soin de vos besoins. Il ne s’agit pas là de solutions type « Ma famille est trop bruyante. Je ne peux jamais lire un livre tranquillement, je vois tout le monde courir dans tous les sens et je les entends parler très fort, cela me déconcentre. Je vais donc leur demander de rester parfaitement silencieux et immobiles lorsque je prends un temps pour lire dans le salon.»  Non, non, non ! Il s’agit bien de trouver comment vous pourriez vous-même agir pour combler ce besoin. Dans cette situation que pourriez-vous mettre vous-même en place pour pouvoir lire de manière plus confortable ? Peut-être pourriez-vous trouver une pièce refuge où vous liriez au calme ? Ou bien un moment plus approprié où vos proches sont occupés en silence, ou même absents ?...

La question cruciale ici est comment pourrais-je moi-même agir pour combler mon besoin ? Plus vous réfléchirez et agirez dans ce sens et plus vous avancerez vers une vie satisfaisante harmonieuse, en accord avec vos besoin et vos valeurs, en accord avec vous-même tout simplement.

 

Alors prêts ?



Bibliographie

 

- L’intelligence émotionnelle, Daniel GOLEMAN, Editions Robert Laffont 1997

- Constants across cultures in the face and emotion, Paul EKMAN and Wallace V. FRIESEN, Journal of Personnality and Social Psychology, 1991, Vol. 17, No. 2, 124-129

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