Moins de colère et plus de bien être

“Rester en colère, c'est comme saisir un charbon ardent avec l'intention de le jeter sur quelqu'un ; c'est vous qui vous brûlez.”

Bouddha

Qu’est-ce que ça veut dire, ça « c’est comme saisir un charbon ardent avec l’intention de le jeter sur quelqu’un ; c’est vous qui vous brûlez » ?

 

Et bien de mon point de vue c’est assez simple. Ça signifie que lorsque vous êtes en colère, lorsque je suis en colère, lorsque nous sommes en colère, la première personne que nous faisons souffrir avec cette colère, ce n’est pas l’autre, le méchant, le gêneur, celui qui nous a mis en colère, lui, la cause de notre difficulté. Et bien non, ce n’est pas lui qui paye, qui subit, qui souffre de notre colère, parce qu’après tout « il l’a bien mérité ». Le premier à subir cette colère c’est bien nous-même.

Drôle d’idée ? Me direz-vous. Un peu excessif ? Un peu farfelu ? Les choses sont-elles vraiment aussi simples ?

 

Pour ma part lorsque j’entends cette phrase « c’est comme saisir un charbon ardent avec l’intention de le jeter sur quelqu’un ; c’est vous qui vous brûlez » je pense directement émotions, pensées, ruminations, poids des émotions sur le corps. Parce que oui, pour en revenir au début, à la base, c’est bien de colère somme en train de parler et la colère est une émotion. Les émotions, nous en avons déjà parlé dans l’article  « 4 étapes pour développer votre intelligence émotionnelle ». Nous savons donc qu’une émotion c’est en quelque sorte un signal que nous envoie notre corps pour nous dire que l’un de nos besoins est insatisfait ou menacé et pour nous demander de rétablir l’équilibre, l’état d’homéostasie. La colère n’échappe pas cette théorie. Mais que vient de me dire cette colère ? De quelle manière l’équilibre est-il rompu ? Honnêtement, ça dépend des circonstances. Peut-être vous dit-elle que l’une de vos valeurs n’est pas respectée ? Que vous venez de trouver un obstacle sur la route qui mène à l’atteindre votre objectif et que donc l’une de vos valeurs plusieurs d’entre elles sont menacés ?

Quoiqu’il en soit le schéma est toujours similaire. L’un de nos besoins, par exemple « j’ai besoin de vivre en accord avec mes valeurs » est insatisfait ou menacé, l’émotion, en l’occurrence la colère, apparaît pour signaler ce déséquilibre. Elle se manifeste dans le corps, par exemple par des tensions musculaires, des crispations, une augmentation du rythme cardiaque, une montée d’adrénaline et jusque dans nos pensées, par des ruminations, des images ou des mots de la scène qui revienne en boucle, et quelquefois même des idées qui reviennent en boucle telle que la notion de justice « ce n’est pas juste ce qu’il m’arrive » la notion de mérite « je n’ai rien fait pour mériter cela » ou même des notions telles que la culpabilité « ce n’est pas ma faute ! C’est sa faute ! » Et la vengeance « puisque c’est comme ça il va payer ! Je vais le faire ceci ou cela, et lui aussi il verra ce que ça fait ! »

Ces tentatives de rétablir l’équilibre en désignant un coupable unique aux désagréments qui nous touchent peuvent être fort tentantes mais pour autant est-ce vraiment le moyen le plus efficace de répondre à cette émotion que nous ressentons ?

 

À mon avis pas vraiment, et c’est que souligne la phrase « c’est comme saisir un charbon ardent avec l’intention de le jeter sur quelqu’un ; c’est vous qui vous voulez ». Ce que j’entends par là, c’est que toutes ces manifestations physiques, toutes ces tensions, toutes ces ruminations qui proviennent de la colère, ce n’est pas l’autre qui les ressent lorsque vous êtes en colère : c’est bien vous. C’est bien vous qui êtes tendu, bien votre mâchoire qui est crispée, votre rythme cardiaque qui s’accélère, votre cerveau qui produit toutes ses pensées qui vous rappellent en permanence que vous venez de vivre une situation durant laquelle un de vos besoins n’a pas été respecté. Et cela est fort désagréable, cela ne vous lâche pas, et ça vous bouffe toute votre énergie. C’est de cette souffrance dont je vous parle lorsque je vous dis que la première personne à être atteinte, être blessée par votre colère, c’est vous-même. Généralement ce qu’il se passe dans ces cas-là c’est que tant que vous n’aurez pas l’impression d’avoir rétabli l’équilibre votre colère continuera de vous tourmenter puisqu’après tout le message qui se cache derrière toutes ces manifestations est bien « Pose des actions ! Fais-en sorte de combler ce besoin ! Rétablir l’équilibre ! »

Certains d’entre vous me diront peut-être « justement ! Voilà pourquoi j’ai décidé de me venger ! Je rétablis l’équilibre et ainsi mon émotion n’aura plus de raison d’être et me laissera tranquille. »

 

Seulement voilà, si rétablir l’équilibre signifie faire en sorte que l’autre se sente aussi mal que vous vous sentez, alors là, vous avez un souci. Parce que ce qu’il se passe c’est que nous n’avons pas tous les mêmes valeurs, les mêmes seuils de tolérance, les mêmes désirs et surtout parce que quoiqu’il se passe à l’extérieur nous avons toujours une part de responsabilité (attention je ne dis pas culpabilité !) dans les émotions que nous choisissons de ressentir. Je dis « que nous choisissons de ressentir » et il est vrai que le terme est peut-être un peu fort mais je dis cela pour tenter de vous faire comprendre que nous avons tous une marge d’action, marge de décision quant à nos émotions. Et c’est là que si vous décidez de rétablir l’équilibre de la manière susmentionnée votre vie peut rapidement devenir un calvaire.

Car imaginez, imaginez un instant que vous tombiez sur quelqu’un qui n’a pas du tout l’intention de s’énerver, sur quelqu’un de positif, ou tout simplement quelqu’un qui a décidé d’accepter les choses comme elles viennent et de s’adapter à toute situation pour en tirer le meilleur. Dans ce cas que se passera-t-il ? Si le but est de faire en sorte que l’autre souffre comme vous avez souffert et que cet autre ne se laisse pas faire, s’il décide de ne pas souffrir, alors comment ferez-vous pour rétablir l’équilibre ? Combien de temps, d’ingéniosité et d’énergie devrez-vous dépenser dans l’espoir de parvenir à le faire ressentir ce que vous-même avez ressenti ? Ce que j’essaie de vous dire c’est que plus longtemps dure votre colère et plus longtemps vous souffrez. 

Pour moi l’autre voie à cette situation est très clairement de prendre la responsabilité de vos émotions et besoins.

 

C’est-à-dire de sortir, sortir complètement, de cette dynamique extérieure « moi–l’autre–culpabilité–douleur » et de mettre en place plutôt une dynamique je dirais presque intérieure, dynamique envers vous-même qui serait de l’ordre du « moi–mes émotions–mes besoins ». Avec en figures de proue les questions « Quel est le besoin qui a été insatisfait ou menacé ? » Et « Comment puis-je faire en sorte de combler moi-même ce besoin ? ». Car si vous décidez de rétablir l’équilibre de manière « externe » en partant du principe que tout dépend d’une dynamique incluant l’autre, il y aura toujours une partie de l’équation sur laquelle vous n’aurez aucune prise ou si peu : l’autre. Mais si vous décidez de rétablir l’équilibre de manière « interne » l’équation est toute autre puisqu’il s’agit de trouver un moyen de répondre vous-même à votre besoin, un moyen qui dépende totalement ou quasi totalement de vous. À ce moment-là tout se simplifie puisque vous avez une emprise bien plus grande sur ce qu’il va se passer. 

Par exemple

 

Si la valeur qui a été menacée est « le respect », si je le souhaite je peux toujours décider d’entrer en conflit avec la personne dont j’estime qu’elle m’a manqué de respect, lui pourrir la vie, lui signaler 20 fois par jour qu’elle est irrespectueuse, qu’elle m’a manqué de respect, que ce comportement est inadmissible, que cela ne se fait pas, et même tenter de la punir pour ce manque de respect… il n’empêche que si cette personne ne me respecte pas je peux difficilement l’obliger à changer d’avis par la force et qu’en plus rien ne l’empêche de n’accorder aucune importance à mes actions. Par contre tout ce temps que je vais passer à me sentir en conflit avec cette personne va me blesser moi par les manifestations de la colère dans mon corps et dans mes pensées.

Par contre si dans la même situation je décide de régler la situation de manière « interne », je peux me demander « Quelles actions je pourrais mettre en place au quotidien pour vivre plus en accord avec la valeur « respect » ? » À ce moment-là, je peux par exemple décider de contrôler mon propre comportement de manière à témoigner plus de respect à mes proches. Bien sûr cela n’empêchera pas que je puisse me retrouver à l’avenir dans une situation où quelqu’un me manque de respect, mais cela risque par contre d’augmenter considérablement mon niveau d’estime personnelle.

Et qu’est-ce que cela change d’augmenter mon niveau d’estime personnelle si cela ne me permet pas d’éviter que l’on me manque de nouveau de respect à l’avenir ?

 

Et bien cela change tout.

Parce que si votre estime personnelle augmente, si vous vous sentez en accord avec vos valeurs, alors vous vous sentez mieux avec vous-même, mieux dans votre vie, mieux dans votre peau. À ce moment-là vous savez que vous pouvez quelles que soient les circonstances parvenir à vous sentir mieux par vous-même, seulement vous, sans intervention extérieure. 

Et c’est à ce moment-là que tout ce qui vous arrive, toutes les complications de la vie quotidienne, tous les obstacles, toutes les difficultés, et bien que tout cela vous touche beaucoup moins. Parce que vous vous sentez autonomes, solides et que vous savez que quoi qu’il arrive, vous pourrez faire face.

 

 

Et vous ? Comment gérez-vous la colère ? Que mettez-vous en place pour rétablir l’équilibre ? Et quel résultat obtenez-vous ?


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