Comment accepter la mort de mes proches

Dans cet article je réponds à une question que l’on m’a posée il y a déjà quelques temps et qui était « comment accepter la mort de mes proches ? »

Il est vrai que la perte d’un proche est souvent une étape douloureuse durant laquelle on peut ressentir des émotions très fortes du type tristesse, colère, désarroi, choc, stupeur… je vais vous apporter mes éléments de réflexion sur le sujet en espérant que cela puisse vous être utile pour retrouver vos repères et rebondir lors de ces situations difficiles.

 

Pour moi, la première question engendrée par « Comment accepter la mort de mes proches ? » est « Qu’est-ce que vous n’acceptez pas dans ce décès ? » Et là, j’entrevois deux grands cas de figures.

Vous n’acceptez pas le décès en lui-même

Dans cette situation-là, c’est le décès en lui-même que vous n’acceptez pas. En d’autres termes, vous niez le fait que l’un de vos proches soit décédé. Vous n’acceptez pas le fait de ne plus pouvoir voir cette personne, le fait qu’elle ne soit plus là. Cela se produit généralement dans les premières étapes du deuil décrites par Élisabeth Kübler-Ross.

C’est le moment où vous êtes choqués de ce qu’il s’est passé, vous ne parvenez pas encore à croire que cette personne soit décédée, que cela soit possible. C’est tout à fait logique puisque vous avez tout un tas de circuits neuronaux en place, tout un tas d’habitudes qui vous disent que cette personne fait partie de votre quotidien, que vous la voyez par exemple tous les X pour faire telle activité et chaque fois que vous pensez, ou que quelque chose vous rappelle que cette habitude ne pourra pas se faire de la même manière puisque cette personne sera plus là, cela vous fait un effet bizarre, étrange et probablement douloureux. Pour que cet effet cesse, ce qu’il va falloir c’est vivre de nouvelles expériences afin de créer de nouvelles habitudes et de nouvelles connexions neuronales qui vont avec le temps se renforcer et prendre le pas sur les schémas que vous utilisiez avant. Bien sûr il va vous falloir un peu de temps pour mettre en place ces nouvelles connexions neuronales qui correspondront aux nouvelles situations que vous allez vivre et dans lesquelles cette personne ne sera plus là, dans lesquelles vous mettrez en place une nouvelle routine tous les X pour continuer de pratiquer cette activité sans cette personne ou bien mettre en place une nouvelle activité à pratiquer ce jour-là.

Repérer et questionner les pensées qui témoignent de ce décalage est viennent accentuer la douleur perçue de l’événement peut vous aider à réaliser plus rapidement ce qu’il s’est passé et à avancer. Dans ce cas, il s’agira lorsque vous remarquez une pensée qui témoigne de la non-acceptation du décès, telle que « non ce n’est pas vrai » « ce n’est pas possible » « cela n’a pas pu se produire » « c’est un cauchemar » « il ne peut pas être mort » de la questionner en posant des questions telles que :

•             finalement quelle utilité cela peut avoir dénué de me dire qu’il n’est pas mort ?

•             Qu’est-ce que cela peut réellement m’apporter de continuer de répéter cette phrase ?

•             Cela peut-il réellement modifier les faits et la situation ?

•             Cela diminue-t-il réellement ma douleur de continuer de répéter cette phrase ?

•             Comment est-ce que je me sens lorsque je pense ça alors qu’au fond je sais très bien que cette personne est décédée ?

 

Le but est de revenir à la réalité et de prendre conscience que ces ritournelles que vous répétez et qui nient les faits non seulement pas le pouvoir de faire revenir la personne que vous avez perdue mais ont en plus tendance à remuer le couteau dans la plaie en augmentant votre douleur perçue puisque chaque fois que vous vous dites « non ce n’est pas vrai » au fond vous savez très bien que cette personne est belle et bien décédée et donc cette phrase que vous dites remet l’accent sur le fossé qui existe entre ce que vous aimeriez bien, ce que vous aviez avant -à savoir la présence de cette personne- et la réalité, à savoir l’absence de cette personne.

Vous n’acceptez pas la tristesse que ce décès provoque chez vous

Dans cette situation-là, vous avez parfaitement compris qu’une personne de votre entourage était décédée et que vous ne pourriez plus interagir avec elle, par contre, ce que vous ne supportez pas, ce que vous n’admettez pas, c’est le chagrin que cette information engendre en vous. Quand vous êtes dans cette situation, vous pouvez nourrir des pensées telles que « je ne veux plus être triste » « cette tristesse est insupportable » « quand cette tristesse va-t-elle enfin se terminer ? » « Cela devrait déjà être terminé depuis longtemps ».

On est là face à une problématique liée à l’hygiène émotionnelle. Le souci dans cette situation est que comme je vous l’avais expliqué dans mon article 4 étapes pour développer votre intelligence émotionnelle, nier une émotion, la rejeter ne la fait pas disparaître. Et pendant que vous êtes occupé à nier ou rejeter votre tristesse, non seulement elle continue d’être présente et d’avoir des effets, mais dans certains cas elle peut même s’amplifier afin de mieux se faire entendre.

 

Comme je l’ai dit dans le premier point, cette tristesse est là pour vous dire qu’un décalage existe entre ce que vous voulez, qui correspond à une situation passée dans laquelle l’un de vos proches était en vie et ce que vous avez dans la réalité, qui correspond à la situation actuelle dans laquelle cette personne est décédée. Tant que vous n’aurez pas écouté ce que cette émotion a à vous dire et admis que bien que ce décalage ne vous plaise pas il est bel et bien là et qu’il va falloir faire avec, la tristesse ne disparaîtra pas. La chose la plus simple et la plus efficace à faire dans ce cas figure est d’accepter d’écouter et de ressentir l’émotion, donc de la vivre pleinement afin pouvoir ensuite la laisser partir.

Vous êtes maintenant un peu mieux armé pour faire face à cette situation difficile qu’est le deuil puisque vous comprenez mieux la situation dans laquelle vous vous trouvez et disposez de quelques pistes de réflexion pour vous aider avancer

 

J’espère que cet article vous sera utile et vous permettra d’avancer avec plus de fluidité de facilité dans cette épreuve.

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Commentaires: 1
  • #1

    fabrice vautrelle (vendredi, 23 février 2018 18:34)

    Merci pour cet excellent article !
    Je pense qu'il pourra aider de nombreuses personnes, dont moi même à accepter les tragédies qui nous frappent. Dans les moments difficiles , il n'est pas toujours évident d'avoir les bons conseils, afin de mieux réagir. Encore merci ! Fabrice http://plusdebonheur.com