La pièce et les nombres

Dans le texte « Le monde vignettes » nous nous sommes intéressés à la nature du monde ; à sa physionomie si je puis dire. A ce moment-là, nous nous y sommes penchés principalement du côté que j’appellerais « matériel » dans le sens où nous avons abordé la nature énergétique du monde mais où nous avons surtout parlé de ses manifestations matérielles. Ce que je veux dire par là c’est que le texte décrivait surtout le phénomène de la vie tel qu’il va généralement être perçu par les individus, c’est-à-dire nous-mêmes, les sujets vivants, conscients, pensants et ressentis comme indépendants les uns des autres.

Aujourd’hui, nous nous intéresserons plus à ce que j’appellerais « l’autre côté » ou « l’autre face » du monde ; cette partie du monde que nous avons pour ainsi dire « perdu l’habitude de percevoir », celle que nous avons longtemps dédaigné de notre attention, celle où, finalement, nous sommes et ne sommes pas.

Pour commencer, nous allons parler de nous, mais également de nous -ceci n’est pas une faute de frappe- et du rapport entre les deux. Nous avons pris l’habitude de nous percevoir, en tant que sujets matériels et indépendants évoluant dans un monde fait de matière d’objets, de sujets… mais nous savons aujourd’hui que tout cela ne sont pas des faits établis mais bien des perceptions élaborées par nous-mêmes. Le monde nous offre des vibrations, les longueurs d’ondes, et nous les interprétons en tout ce qui nous semblera apte à être traité et utilisé par nous. Les longueurs d’ondes deviennent couleurs, sons, matières… et tout cela par notre conscience. Nous venons de l’énergie, nous sommes énergie, et nous interprétons les variations énergétiques environnantes de manière à nous créer un monde dans lequel évoluer. D’un côté l’énergie, l’être-non-être, qui est vie mais pas mortel, conscience mais pas pensée… Et de l’autre l’interprétation de cette énergie dans toutes ses variations : matières, couleurs, sons, vie, mort, pensées, individus, objets, lieux, temps… 

Tout cela forme le monde.

Pour simplifier en redonnant quelques points de repères, j’aime voir ça sous la forme d’une pièce de monnaie incluse dans un système numérique. 

 

Sur l’une des faces, il y a nous, sur l’autre, il y a l’autre nous, et la tranche fait le lien entre les deux.

Voyez, on commence avec ce modèle.

Ceci est notre pièce. Sur la face de gauche, c’est nous sous notre forme première, la plus simple, basique, sans fioritures, sans interprétations. A cet état nous ne sommes que vibrations et variations énergétiques. 

Sous cette forme, on peut s’appeler « 0 », parce que « 0 » c’est beau, c’est rond, c’est lisse. « 0 » c’est le cercle, plein et vide à la fois, tout comme nous qui à cet état somme dans un état d’être et non être permanent. En plus, zéro en mathématiques, c’est quand il n’y a encore rien. Or dans cet état il n’y a encore rien de tout ce que nous connaissons depuis le monde de la matière.

 

Sur la face de droite, c’est toujours nous, mais cette fois ci sous notre forme « physique » ou « matérielle ». Je mets des guillemets parce que l’énergie est un matériau et a des propriétés physiques -sinon il ne pourrait pas y avoir de variations-. Donc, je disais, à droite c’est nous sous notre forme matérielle. Dans cet état nous sommes des êtres pensants et séparés les uns des autres et de leur source, évoluant dans un monde de matière et qui peuvent croire aux lieux, au temps…

Sous cette forme, on peut s’appeler « 1 » car c’est là, par l’interprétation, le regard de la conscience, que peut naître l’individu, le sujet humain pensant et se sentant séparé de l’énergie primaire.

Il y a aussi ce modèle.

Ici chaque face représente la même entité qu’elle représentait dans le paradigme précédent. La différence est plus une différence de points de vue. Pour marquer cela je vais donc changer les dénominations.

 

Ici, la vibration primaire -sur la face de gauche donc- ne s’appelle plus 0 mais 0/1. Cette fois ci on la nomme 0/1 car cela permet de désigner son état d’être-non-être permanent. Dans les deux états, elle est toujours la même force primaire qui est l’origine et la composante de toute chose, mais en 1 elle est, et en 0 elle n’est pas. Et comme cette chose se trouve dans un état de simultanéité permanent, elle est à la fois ce 0 et ce 1, et ce de manière sempiternelle. Dans ce paradigme, c’est sur ceci que nous mettons l’accent, que nous portons notre attention.

 

Du coup, la face droite de la pièce -qui est toujours nous sous notre forme matérielle- devient 2. Dans ce modèle, ce choix permet de marquer la séparation entre la face droite et la face gauche. Cette séparation se fait par l’interprétation du 0/1 en 2 -l’interprétation de l’énergie primaire en un monde de matière- qui produit la sensation du moi sujet, individuel, autonome et séparé de sa source première. C’est pour ça que je l’appelle 2, car d’un côté ce sujet perçoit sa propre source -cela fait un- et d’un autre il se perçoit lui-même comme étant séparé de cette source -ce qui fait deux-. Il perçoit deux choses/entités séparées.

 

Comme il ne s’agit que d’un changement de point de vue, cela peut sembler n’avoir aucune importance, et pourtant nous savons maintenant que dans ce monde, absolument tout est une question de point de vue. Tout se joue sur une question de point de vue, c’est lui qui interprète les variations énergétiques et qui, ce faisant, donne forme à tout ce que nous expérimentons au quotidien. Un changement de point de vue, on peut dire que ça change tout.

L’omniprésence du 1

Et puis surtout, il y a ce modèle qui marque un dernier point de vue. Ici, on regarde toujours la même chose -le monde- mais sous un angle différent. Cela demande une ultime dénomination.

Comme nous regardons toujours la même chose, il y a toujours à gauche l’être-non-être, à droite le sujet séparé. La nuance est que cette fois ci, on met les deux premiers modèles en commun, un peu comme en superposition, et on remarque que les deux premiers modèles avaient une dénomination en commun : le 1. 

 

Dans les deux premiers modèles, ce 1 était présent, mais une fois il servait à désigner la face de droite, une fois la face de gauche. Une fois il désignait la source, une fois sa représentation.

Nous remarquons également que quel que soit le modèle, quand il y a un 0 il est toujours à gauche, et le 2 lui n’intervient que sur la face de droite.

Qu’est-ce-que tout cela peut bien signifier ?

 

Le 0 c’est l’état d’être-non-être de la force primaire de ce monde. C’est état peut être encore, si on le souhaite, être explicité par le 1. Grace à la nomination 0/1 qui est une autre manière de dire « c’est, et en même temps ce n’est pas ».

Le 2 c’est l’interprétation qui mène à ce ressenti de séparation. Ce fait de se sentir, une personne, une individualité séparée des autres individualités, des choses… Cela peut également être dit de la manière suivante : 1. C’est à dire celui qui est un, mais un dans le sens unifié et séparé à la fois. Se ressentir comme son propre microcosme séparé d’autre microcosmes. Le 1 tout seul avec soi même au milieu des autres.

Et puis tout cela donne le troisième 1. Celui là est celui qui, du coup, peut aussi bien se trouver à droite de la pièce qu’à gauche.

Pourquoi cela ? 

 

Parce qu’il fait le lien. Ainsi il représente la manière dont on peut passer de 0 à 2, un peu comme un pont entre les deux. Il peut représenter à la fois la face de gauche, la face de droite, et la façon dont on peut passer de l’une à l’autre. C’est un peu comme la tranche de la pièce qui se trouve entre la face de gauche et la face de droite, en totale continuité entre les deux, et fait exactement de la même matière.

 

Et c’est également comme ce monde, qui est pure énergie -1-, et qui peut également être interprété de manière à ressembler à autre chose, telle que de la matière solide ou des individus -1-. Mais quelle que soit l’interprétation est les impressions qui en découlent, tout cela est toujours l’énergie -1- interprétée par l’énergie elle-même -1-.

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